Résultats

Activité 1 : Enseignement sous la forme de séminaires académiques

Année 1: Le sentiment d'appartenance à un espace culturel commun

Intervenant Titre de l'intervention Lieu Date
Gaelle Crenn (Université de Lorraine) Identité et sentiment d’appartenance dans les zones frontalières : le cas de Luxembourg et Grande Région 2007 UCL, Mons 19/02/2019

Dans le cadre de la MSH Lorraine, un projet multidisciplinaire (2007-2010) a cherché à savoir dans quelle mesure la désignation de « Luxembourg et Grande Région » au titre de Capitale européenne de la culture en 2007 a constitué une opportunité pour développer un espace culturel transfrontalier à travers le déploiement d’une programmation culturelle de grande ampleur. Comment en particulier les grands événements (fêtes, clôture…) et les expositions (communes, itinérantes...) pouvaient-ils créer des synergies transfrontalières et une prise de conscience d’une identité culturelle transrégionale ? Les études de réception ont révélé que dans les expositions, le patrimoine culturel est catalyseur d’une identité qui reste circonscrite principalement au territoire régional. De même, les événements culturels contribuent à l’invention d’un territoire mémoriel commun, mais essentiellement à l’échelle de la région, ne réalisant que rarement l’intégration à une échelle plus large. Pour renforcer la perception de la Grande Région comme territoire commun d’appartenance, il reste indispensable de tenir compte des déterminations culturelles et linguistiques structurant les communautés sur le territoire grand-régional, ainsi que des pratiques culturelles, de la mobilité et des attentes des publics considérés

Nicolae Popa (Université de l’Ouest de Timisoara) Lieux de mémoire et mise en tourisme: Timișoara 2021, et sa région UCL, Mons 06/03/2019

Résultant d’une recherche personnelle déroulée au Centre de Développement Régionale et Etudes transfrontalières de l’Université de l’Ouest Timisoara, la dissertation propose les objectifs suivants : 1) Illustrer l’idée qu’il existe un lien réciproque entre: mémoire des lieux, patrimoine et affirmation du tourisme ; 2) Clarifier comment la mémoire des faits imprègne les lieux et transforme certains espaces en lieux de mémoire ; 3) Vérifier les hypothèses qui sont derrière ces objectifs, par l’étude de cas sur Timisoara et sa région. Cette étude est centrée sur les lieux de mémoire de la Révolution anticommuniste à Timisoara (espaces vécus et perçus), de même que sur d’autres attractions potentiellement intéressantes pour la CEC 2021, à Timisoara et dans sa région. Le discours révèle les résultats des recherches entreprises sur ce thème dans la ville de Timisoara, selon les hypothèses suivantes : 1) Dans l’Europe intégrée, les identités territoriales ont tendance à se renforcer (comme effet de réaction à la globalisation) ; 2) Les collectivités territoriales cherchent à patrimonialiser leurs repères identitaires pour se faire connaître et pour attirer des ressources, sur un marché toujours plus compétitif. Les réussites des projets de développement sont perçues comme associant la mise en valeur du patrimoine et l’introduction du nouveau, de manière créative. Timisoara, ville anciennement multiculturelle et interculturelle, possède un ensemble d’objets, de faits et de lieux de mémoire, qui forment un riche patrimoine, dont la notoriété est en évolution. Après analyse du contexte européen et régional, la courte présentation du déroulement des événements de la Révolution anticommuniste à Timisoara nous permet de clarifier les circonstances de la production des lieux de mémoire qui leurs sont consacrés. Sont discutés les enjeux contradictoires de la mémoire des événements et leur mise en scène, pour insister ensuite sur la réalisation et l’instrumentalisation des lieux, objets et symboles destinés à mettre en valeur et à perpétuer l’héritage révolutionnaire de la ville (pétrification en monuments, modélisation urbaine, muséification, persuasion et promotion à l’attention publique etc.). La conclusion est qu’il y a une vraie polyphonie des discours contradictoires. C’est peut-être pourquoi l’implication des autorités est de plus en plus formelle, pendant que les nouvelles générations sont plutôt indifférentes face à l’héritage révolutionnaire. Ce constat est lu à plusieurs niveaux, soit qu’il s’agit des jeunes questionnés, des responsables et des guides de tourisme interviewés, ou de l’analyse du dossier de candidature de la ville au titre de Capitale européenne de la culture 2021. Les projets et les activités culturelles proposées dans ce guide ne misent sur l’héritage de la révolution anticommuniste à Timisoara, que de manière marginale.

Thomas Perrin (Université de Lille) Culture, identité et territoire. Perspectives sur les contexts transfrontaliers LISER, Esch/Alzette 08/03/2019

Ce séminaire traite des interactions entre identité, culture et territoire. Il propose une réflexion sur la manière dont la politique culturelle peut contribuer à promouvoir et à construire une identité liée à une société et au territoire qu’elle occupe. En même temps, un tel processus de construction d'une identité culturelle et territoriale peut renforcer l'identité institutionnelle de l'autorité qui gouverne le territoire concerné et conduit la politique culturelle correspondante. Les politiques culturelles des États-nations illustrent particulièrement cette dynamique, mais elle se retrouve à d'autres échelles territoriales. La réflexion s'appuie sur des exemples d'États et d'autorités infra-étatiques en Europe, et aborde le cas des eurorégions qui émergent à une échelle territoriale renouvelée, transfrontalière. De plus, l'analyse postule que l'identité culturelle-territoriale peut avoir différentes dimensions, ce qui répond à une évolution du référentiel socio-économique des activités culturelles et créatives.

Alexander Tölle (Université Adam Mickiewicz de Poznań) Stratégies urbaines transnationales dans les concepts de Capitale européenne de la culture des villes polonaises LISER, Esch/Alzette 08/03/2019

L'examen des CEC polonaises et des villes candidates à l'adhésion à la CEC offre un aperçu intéressant du processus de changement dans les villes post-socialistes d'Europe centrale et orientale. Cracovie 2000 se signale comme centre culturel le plus important de la Pologne. Elle représente sa nation comme étant véritablement européenne dans le but de surmonter l'héritage d'un continent divisé. Wrocław 2016, cependant, était un événement résultant d'une compétition entre des municipalités urbaines autonomes (y compris Gdansk, Varsovie, Lublin et Katowice) avec pour objectif de stimuler des stratégies transnationales urbaines : que ce soit au niveau de la création de sociétés urbaines tolérantes, de régions innovantes, de zones métropolitaines ou de régions transfrontalières. Une analyse montre les déficits existants dans ces derniers aspects, tandis que l'absence de sociétés urbaines transnationales - interprétée comme un désavantage dans la recherche de villes attractives et créatives - pourrait être compensée par la redécouverte d'un passé multiethnique. A son tour, Zgorzelec, en tant que partie de la soi-disant ville européenne de Görlitz et Zgorzelec (et finaliste dans le processus de nomination pour la CEC allemande en 2010) était disposée à utiliser l'événement pour créer l'image d'une ville européenne tolérante et intégrée, étant situé sur le territoire des deux pays.

Christian Lamour (LISER) Enquêter sur l'identité européenne au-delà des frontières nationales: Contexte et catégories de la désignation à multiples facettes UOT, Timisoara 15/05/2019

La communication est organisée autour de trois points. Premièrement, l’objectif consiste à définir les identités culturelles en soulignant les processus interactionnels qu’elles impliquent, les échelles spatiales à partir desquelles elles s’organisent et enfin la dimension plurielle qu’elles supposent. Dans un second temps, le focus est mis sur l’identité européenne. Les discours produits sur cette identité par les acteurs institutionnels de l’Europe mais aussi la manière dont les Européens définissent leur identité et l’émergence d’un discours populiste sur l’identité européenne sont détaillés. Enfin, il y a une mise en avant des discours produits sur la construction identitaire et le sentiment d’appartenance dans les régions transfrontalières de l’Union européenne en prenant pour exemple la Grande Région centrée sur le Luxembourg.

Emilia Palonen (Université d’Helsinki) Capitales européennes de la culture. Une politique culturelle européenne maladroite UOT, Timisoara 15/05/2019

La communication a porté sur le programme des Capitales européennes de la culture en tant que politique culturelle et européenne ambitieuse. Elle s'est centrée sur la signification de l'« Europe » dans la politique des CEC. Cela devrait mettre en évidence l'objectif de la politique et la manière dont les valeurs de l'UE - en particulier à cette période donnée - sont également reflétées dans celle-ci. Au lieu d'une Europe culturelle, la politique s'est tournée vers une Europe économique. Les limites de la politique des CEC est liée au fait que les financements ne proviennent pas réellement de l'Union européenne. Cela rend les événements locaux vulnérables aux défis et aux transformations localisés, ainsi qu'à l'enthousiasme changeant pour le projet européen. Enfin, la présentation s'est penchée sur l'inégalité de présentation de l'événement CEC dans les villes.

Elzbieta Opilowska (Université de Wroclaw) Créer une identité locale à travers des projets culturels - Wroclaw, capitale européenne de la culture 2016 UL, Lille 22-26/05/2019
La réalité urbaine se crée à travers le contenu et la manière dont les autorités et les habitants parlent de leur ville. La ville est créée et vécue à travers les récits de ce qui se passe dans la ville, comment elle se transforme et génère l'espace urbain. Les imaginaires, qui peuvent être conceptualisés comme des ensembles cohérents d'idées, d'images, de symboles, d'émotions, de croyances et de convictions, sont souvent utilisés pour légitimer des projets politiques et des projets quotidiens menés par des agents individuels (Bürkner 2017). Depuis 1945, Wroclaw a construit sa nouvelle identité. Dans les années d'après-guerre, c'était la capitale des « territoires récupérés » selon la « légende de Piast » officiellement propagée. Après la chute du communisme, l'histoire riche et multinationale a été réintégrée dans le récit de la ville qui se reflète dans la nouvelle marque « Wroclaw. The Meeting Place.». Le dispositif de ville européenne de la culture, devenu plus tard Capitale européenne de la culture (ECOC) a été créé en 1985 afin de rapprocher les gens et de promouvoir l’intégration européenne. Cependant, il est passé d'un « événement culturel à un moteur de régénération urbaine, puis à un outil politique de développement urbain-régional par la culture » (Tölle 2014). Sur la base de l'analyse des rapports d'évaluation sur Wroclaw capitale européenne de la culture 2016, cette communication portera sur l'impact du projet sur la création de l'identité locale. Ici, l'identité locale s'entend à la fois comme récit officiel et comme identification des habitants à la ville et participation à des événements culturels.
Fabienne Leloup (Université catholique de Louvain) Frontière, culture et citoyenneté européenne : une étude de cas à la frontière franco-belge UOT, Timisoara 19/06/2019

L’existence d’une frontière peut-elle constituer une ressource voire un incitant à la citoyenneté européenne dans le contexte des capitales européennes de la culture ? Cette question de recherche s’articule autour de trois concepts principaux : la culture, la citoyenneté et spécifiquement la citoyenneté européenne et la frontière. La citoyenneté européenne se définit en fonction de certains des attributs de la citoyenneté ; elle est considérée comme un résultat favorisé par la culture mais potentiellement freinée par l’existence de frontière. Dès lors dans le cas où l’instrument européen que constitue le titre de Capitale européenne de la culture concerne une capitale « transfrontalière » l’identité européenne n’est-elle pas favorisée ? L’exposé posera la question et les logiques théoriques sous-jacentes avant de s’attarder sur l’exemple de MONS2015, Mons ville belge à 15km de la frontière belge capitale culturelle en 2015.

Activité 2 : Produits à l'attention des villes portant un projet culturel transfrontalier

Un site internet dédié au projet (http://www.ceccut.eu)
Communication sur d’autres sites internet

Activité 3 : Recherche concernant le rôle des frontières internes et externes de l'Union européenne

Chercheurs
Lamour C. and Schulz N. (2021) How cultural third places affect urban development in the European Capital of Culture region of Esch2022. In Lonergan P. and Morris C. (Eds.) European Capitals of Culture: The art of reimagining. A special issue for the University Network of European Capitals of Culture. Galway: NUI Galway https://mooreinstitute.ie/wp-content/uploads/2021/03/Lamour_Schulz-Cultural_Third_Places_NUI-Galway.pdf
Turșie C. and Perrin T. (2020) Assessing the social and cultural impacts of the European Capital of Culture programme in cross-border areas. A research agenda, Eastern Journal of European Studies, 11 (Special Issue) pp. 77-98. https://ejes.uaic.ro/articles/EJES2020_11SI_TUR.pdf
Lamour C. (2020) Living together at the cross-border regional scale in Europe: Supra-national and trans-national identity models in the Greater Region, Regional Science Policy and Practice, 12 (5), 749-760 doi.org/10.1111/rsp3.12315
Reitel B. and Leloup F. (2019) Borders and cross-border cooperation. A political and geographical point of view. In Beck J. (Ed.) Transdisciplinary Discourses on Cross-Border Cooperation in Europe, Euroclio Etudes et Documents vol.17 (pp. 83-119). Bruxelles : Peter Lang. https://doi.org/10.3726/b15288
Lamour C. and Durand F. (2019) European Capitals of Culture across state borders. In Schneider W. and Jacobsen K. (Eds.) Transforming Cities Paradigms and Potentials of Urban Development Within the “European Capital of Culture” (pp. 41-51). New York: Georg Olms Verlag. doi.org/10.18442/078
Turșie C. and Popa N. (2019) Cross-border Issues for future European Capitals of Culture. In Schneider W. and Jacobsen K. (Eds.) Transforming Cities Paradigms and Potentials of Urban Development Within the “European Capital of Culture” (pp. 121-132). New York: Georg Olms Verlag. doi.org/10.18442/078
Bosredon P. and Perrin T. (2019) Lille 2004: Effects and legacy. In Schneider W. and Jacobsen K. (Eds.) Transforming Cities Paradigms and Potentials of Urban Development Within the “European Capital of Culture” (pp. 165-176). New York: Georg Olms Verlag. doi.org/10.18442/078
Leloup F. and Panait O. M. (2019) Regional development, culture and border. In Schneider W. and Jacobsen K. (Eds.) Transforming Cities Paradigms and Potentials of Urban Development Within the “European Capital of Culture” (pp. 233-240). New York: Georg Olms Verlag. doi.org/10.18442/078
Lamour C. and Lorentz N. (2019) ‘If I were to do it all over again, should I begin with culture?’ The European integration from a cultural perspective in a multi-national Grand Duchy, Journal of Contemporary European Studies, 27 (3), pp. 357-374. doi.org/10.1080/14782804.2019.1636772
Lamour C. and Lorentz N. (2019) The economics of free newspapers: The business value of banal cosmopolitanism in the city of flows, Journal of Media Business Studies, 16 (2), pp. 110-125. doi.org/10.1080/16522354.2019.1616376
Etudiants
Cahier de la recherche étudiante n°1 : sentiment d’appartenance transfrontalier et identité européenne.
Blanchemanche P. (2019) Festival du Film Italien de Villerupt et identité transfrontalière. Cas d’étude : Esch 2022.

Activité 4 : Cinq événements à l'attention des chercheurs, des acteurs publics en charge des politiques culturelles et des représentants de la société civile en lien avec la culture

Type Lieu Date
Esch/Alzette 07/03/2019
Timisoara 16/05/2019